En 2023, 1 habitant sur 2 en France a acheté au moins un vêtement d’occasion. Chiffre spectaculaire, qui ferait presque oublier la question qui dérange : peut-on vraiment attraper une infection par le simple fait d’enfiler une veste ou un pull déjà porté ?
Vêtements d’occasion : une manne pour ceux qui cherchent à consommer autrement. Mais, derrière l’engouement, la question du risque sanitaire s’impose avec acuité. Les textiles de seconde main peuvent héberger des agents pathogènes variés : bactéries, champignons, virus, voire parasites. La transmission d’une infection via un vêtement reste rare, mais le spectre existe, particulièrement pour certaines maladies infectieuses à tropisme cutané.
La littérature scientifique identifie plusieurs familles de pathogènes présents sur des habits portés. Voici les principaux profils à connaître :
- Des bactéries telles que staphylococcus aureus ou streptocoques, impliquées dans des infections de la peau
- Des champignons responsables notamment de la teigne
- Des parasites comme les œufs d’acariens ou ceux de la gale
- Certains virus, même si leur survie hors du corps reste limitée
En France, les signalements d’infections liées aux vêtements d’occasion contaminés restent marginaux. Le lavage adapté des vêtements permet d’éliminer la plupart des parasites ; le risque s’en trouve considérablement réduit. Malgré tout, les contextes de vie collective, centres d’hébergement, institutions, ont parfois favorisé la transmission de la gale ou de certaines mycoses.
En réalité, le risque de contracter une maladie à partir d’un vêtement de seconde main dépend de plusieurs critères : l’état de santé du précédent porteur, le temps de stockage, les conditions d’hygiène et surtout, la qualité du nettoyage avant utilisation. Les maladies infectieuses transmises par ce biais restent exceptionnelles, pour peu que l’on respecte quelques précautions de base.
Acquérir des vêtements d’occasion interroge : ces pièces, parfois venues de loin, ont-elles le pouvoir de transmettre des infections cutanées ou autres affections ? Le sujet, longtemps négligé, mobilise désormais dermatologues et microbiologistes. Car la réalité s’impose : oui, des bactéries, champignons, virus ou parasites peuvent survivre à la surface des textiles. Mais le passage d’un microbe d’un tissu à la peau humaine, jusqu’à provoquer une infection, relève d’une mécanique rare, encadrée par de nombreux facteurs.
L’exemple de la gale illustre ce risque. Ce parasite, discret mais tenace, peut subsister quelques jours sur un tissu non lavé. Les vêtements ayant appartenu à une personne infectée, non traités, deviennent alors des vecteurs possibles. L’histoire sanitaire française recense des épisodes de transmission par ce biais, notamment dans des collectivités ou des lieux de grande promiscuité. Mais la majorité des microbes, tels que staphylococcus aureus ou certains champignons, survivent mal en dehors du corps humain.
Le microbiome cutané, cette flore qui protège notre peau, joue un rôle de filtre. Un contact bref avec un habit contaminé ne suffit pas toujours à déclencher une maladie. Ce sont surtout les peaux fragilisées, les plaies ou les états d’immunodépression qui ouvrent la porte aux agents infectieux. En pratique, une hygiène élémentaire et un lavage soigneux des achats de seconde main limitent drastiquement le risque de contracter une infection. Les cas d’infections cutanées ou de transmissions sanguines liées à des vêtements d’occasion restent l’exception, confirmée par l’absence de signalements massifs auprès des agences sanitaires.
Les gestes essentiels pour nettoyer et désinfecter ses trouvailles
À chaque passage en friperie, la question se pose : comment traiter ces vêtements d’occasion pour limiter tout risque lié à d’éventuels agents pathogènes ? Le lavage, incontournable, s’impose en première ligne. Un détergent classique suffit la plupart du temps contre bactéries et virus, à condition de viser une température minimale de 60°C si le tissu le permet. Cette valeur, validée par la recherche, élimine la quasi-totalité des parasites et des germes tenaces comme la gale.
Pour les vêtements délicats ou les pièces craignant la chaleur, une lessive antibactérienne associée à un cycle long est une solution pertinente. Un séchage complet à l’air libre ou à température ambiante complète le processus. Certains experts recommandent également d’utiliser ponctuellement un fer à vapeur : la chaleur s’infiltre au cœur des fibres, là où le simple lavage peut parfois échouer, particulièrement pour les manteaux ou textiles épais susceptibles d’être exposés à une contamination.
Voici les réflexes à adopter pour garantir l’hygiène de vos vêtements d’occasion :
- Lavage systématique de chaque pièce avant le premier port
- Cycles chauds et lessives désinfectantes privilégiés pour éliminer les germes restants
- Traitement à part des textiles suspects ou provenant de zones à risque
Chaque type de textile demande sa méthode : coton, laine, synthétique, tous n’offrent pas la même résistance. L’efficacité des mesures dépend de cette vigilance lors du lavage des vêtements et du choix de produits adaptés. Prendre soin à chaque étape réduit nettement la probabilité de transmission d’infections via les habits de seconde main.
Pourquoi acheter en seconde main reste un choix sûr avec quelques précautions
Les vêtements de seconde main séduisent un public large, soucieux d’éthique, d’économie et d’originalité. Interrogés sur le risque d’infection, médecins et microbiologistes rappellent que la transmission de pathogènes via les textiles reste un phénomène rare, dès lors que certaines règles simples sont respectées. L’immense majorité des agents infectieux, parasites, bactéries, champignons ou virus, ne survit pas longtemps hors du corps humain, surtout sur des fibres privées d’humidité et exposées à l’air.
Les études sur les vêtements d’occasion confirment un constat rassurant : la majorité des vêtements collectés, triés puis remis en circulation présentent un risque sanitaire comparable à celui des vêtements neufs essayés en magasin. La clé réside dans l’automatisation des gestes barrières : laver chaque pièce à l’arrivée, vérifier l’absence de taches suspectes ou de traces d’humidité, éviter le contact direct en cas de lésions cutanées. Ces précautions, plus que suffisantes, permettent d’écarter la quasi-totalité des risques de contaminations cutanées ou de transmission d’une affection comme la gale.
Pour limiter encore davantage le risque lors de vos achats, gardez en tête ces conseils :
- Optez pour les vendeurs professionnels ou associations dont le tri et le stockage des vêtements sont rigoureux et réalisés en milieu sec
- Observez l’apparence et l’odeur des textiles : propreté et absence d’humidité signalent des vêtements sains
- Si un doute subsiste, double lavage et séchage prolongé éliminent tout pathogène résiduel
La seconde main, loin de représenter une menace, se révèle une alternative fiable dès lors que la vigilance s’invite au quotidien. Le secteur se professionnalise, les exigences d’hygiène progressent : chaque vêtement circule, propre, prêt à vivre une nouvelle histoire. Voilà ce qui compte, pour la santé comme pour la planète.

