1975. Une petite ville andalouse, Algésiras. Le 23 février, un garçon voit le jour dans une famille ordinaire : mère au foyer, père entrepreneur. Rien ne laissait présager qu’Álvaro Antonio García Pérez, alias Álvaro Morte, deviendrait un visage familier sur tous les écrans du monde. Pourtant, l’enfant sage, discret et méticuleux, se forgeait déjà les armes d’un futur acteur prêt à s’imposer bien au-delà des frontières espagnoles.
Álvaro Morte : l’histoire d’un acteur à succès
Né loin des projecteurs, Álvaro Morte grandit entouré d’une famille soudée. Son enfance à Algésiras se déroule sans éclat particulier, mais avec une rigueur et une attention aux détails qui feront bientôt sa marque de fabrique. Ceux qui l’ont vu incarner Sergio Marquina, ou « El Professor » dans Casa de Papel, reconnaissent sans mal ce mélange de calme et de détermination qui transparaissait déjà chez l’enfant. À la maison, la passion du théâtre n’allait pas de soi. Avant de trouver sa voie, Álvaro fait ses armes dans la télécommunication. Un choix pragmatique, mais qui ne l’empêche pas de nourrir cette ambition secrète : devenir acteur. Lorsque l’idée prend forme et qu’il en parle à son père, la prudence domine. Aujourd’hui, la fierté a remplacé les doutes. Dans l’ombre, un frère discret partage le même goût du secret. La famille Morte cultive la retenue : rares sont les confidences, encore plus les apparitions médiatiques.
Álvaro Morte : son brillant parcours
Ce n’est qu’à 27 ans qu’Álvaro Morte met vraiment le pied à l’étrier. 2002 marque le début d’un cheminement atypique. Son amour pour l’art dramatique le mène jusqu’en Finlande, où il se forme au théâtre. À peine diplômé, il enchaîne les castings, décroche des rôles dans des séries télé, des courts-métrages, et se frotte même à la publicité. L’obstination finit par payer : en 2007, il incarne Ray dans la série espagnole Planta. Malgré 65 épisodes, l’audience ne suit pas. Le projet s’arrête, mais Álvaro ne quitte pas la scène pour autant.
Il choisit alors de revenir à ses premières amours : le théâtre. En 2012, il fonde sa compagnie, 300 Pistolas. Ce nouveau terrain de jeu lui permet de passer derrière les rideaux, en tant que metteur en scène. Il imagine, dirige, joue parfois dans ses propres créations. Une indépendance artistique qui lui donne de l’assurance et affine son regard sur le métier.
Après cette parenthèse, la télévision le rappelle. Il décroche un rôle dans la télénovela Amar es para siempre et retrouve le chemin du succès. Mais c’est avec Casa de Papel que tout bascule. Le phénomène, d’abord discret, explose lorsque Netflix mise sur la série. Du jour au lendemain, Álvaro Morte devient le « Professeur » que le monde entier applaudit.
Álvaro Morte : sa vie privée
Côté cœur, Álvaro Morte partage sa vie avec Blanca Clemente, styliste espagnole. Le couple s’est construit loin des flashes. Ensemble, ils élèvent des jumeaux, León et Julieta, et vivent à Pozuelo de Alarcón, quartier paisible et chic de Madrid. L’acteur protège farouchement son intimité, malgré la curiosité que son succès suscite.
Sa trajectoire n’a pas toujours été linéaire. Il a dû affronter un cancer à la jambe. Face à la maladie, le comédien a cru le pire inévitable. « Au début, je pensais que j’allais mourir, que ma jambe allait être coupée… et rien ne s’est passé. » Son témoignage, pudique mais sans détour, rappelle que derrière le personnage public, il y a un homme confronté à la peur et au doute, mais aussi à la résilience.
Au-delà des plateaux de tournage, Álvaro Morte cultive d’autres passions. Il aime le sport, s’aventure volontiers en cuisine, avec une préférence marquée pour la gastronomie indienne et marocaine. Dès qu’il peut, il s’offre une séance dans une salle obscure, dévore des livres, rêve de voyages. Un goût pour l’ailleurs qui nourrit sans doute sa capacité à se réinventer, à incarner des rôles aussi variés.
Du théâtre confidentiel aux séries mondiales, Álvaro Morte a dessiné un parcours singulier, fait de travail, d’obstination et d’élégance discrète. Sur scène comme dans la vie, il avance sans tapage, mais chaque pas compte. Qui sait où le mènera la suite de son histoire ?


