Poser un antivol sur sa trottinette électrique est un réflexe de bon sens. Mais cela ne couvre ni votre responsabilité en cas d’accident, ni le remboursement de l’engin si le cadenas est découpé. En France, plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui sur la voie publique, et les vols comme les accidents sont en hausse constante. Voici ce qu’il faut savoir pour être réellement protégé.
Un antivol dissuade, il n’indemnise pas
Même un antivol solide ne peut pas tout. Un câble peut être sectionné, un cadenas forcé, et la batterie — qui vaut environ 300 € à elle seule — peut être dérobée sans que l’engin bouge d’un centimètre. Selon des médias spécialisés, les vols de trottinettes auraient augmenté d’environ 40 % entre 2024 et 2025, et le vol reste le premier motif d’indemnisation en assurance EDPM.
Pour limiter les risques, quelques bons réflexes s’imposent : combiner un antivol en U avec un câble, attacher l’engin à un point fixe, retirer la batterie amovible dès que possible, et faire graver le numéro de série pour faciliter les recherches en cas de disparition. Pour aller plus loin sur la pose d’un antivol, une ressource pratique sur l’assurance trottinette électrique détaille également comment sécuriser physiquement l’engin étape par étape.
Mais quoi que vous fassiez côté antivol, seule une garantie vol incluse dans votre contrat d’assurance vous permet d’être indemnisé du prix de remplacement si l’engin disparaît malgré tout.
L’assurance RC : une obligation légale, pas un choix
En France, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. C’est ce que prévoit l’article L211-1 du Code des assurances, précisé pour les EDPM par le décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019. Rouler sans assurance expose à une amende forfaitaire de 750 €, pouvant atteindre 3 750 € en récidive. Et en cas d’accident responsable : le Fonds de garantie des assurances obligatoires indemnise la victime, puis se retourne contre vous — avec des montants pouvant dépasser 100 000 € si des blessures graves sont en jeu.
Ce que couvre la RC, c’est uniquement ce que vous causez à autrui : dommages corporels ou matériels infligés à un piéton, un cycliste ou un automobiliste. Vos propres blessures, votre engin, le vol : tout cela nécessite des garanties complémentaires. Les formules observées sur le marché en 2026 vont de 3 à 6 € par mois pour une RC seule, jusqu’à 10 à 15 € pour un contrat tous risques incluant vol, dommages et protection corporelle.
Que faire en cas de vol, concrètement ?
Si votre trottinette disparaît malgré l’antivol, la procédure est claire : déposez plainte auprès des forces de l’ordre en indiquant le numéro de série et en joignant la facture d’achat, puis contactez votre assureur dans les délais prévus au contrat — généralement 48 à 72 heures. Si l’engin a été marqué ou gravé, le certificat de marquage renforce le dossier.
Un détail souvent ignoré : si l’engin est retrouvé avant que l’indemnisation soit versée, la procédure s’arrête et seuls les dommages éventuels restent couverts. S’il réapparaît après indemnisation, l’assuré peut rendre la somme et récupérer l’engin, ou conserver l’indemnité et céder l’engin à l’assureur.
Antivol et assurance répondent à deux risques distincts. L’un rend le vol difficile, l’autre vous protège quand il arrive quand même — et couvre les conséquences d’un accident que vous n’aviez pas prévu. Les deux ensemble forment une protection cohérente, que vous utilisiez votre trottinette pour le loisir ou pour vos trajets quotidiens.

